Communiqué d’Annika Bruna, député Français au Parlement européen, Groupe Identité et Démocratie (R.N), Membre de la commission du droit des femmes

Alors que la France est touchée de plein fouet par l’épidémie dramatique de coronavirus, la population n’a toujours pas accès aux masques, et bien que la pénurie soit signalée depuis plusieurs semaines, nombre de soignants et personnels de santé en sont eux-mêmes privés.

Si nos dirigeants ont de manière irresponsable réduit drastiquement les stocks stratégiques de masques, la production française a également fortement diminué n’assurant aujourd’hui, à plein régime, que 15% des besoins journaliers. Ainsi une usine bretonne, fabriquant 200 millions de masques l’année, a été vendue à un groupe américain, puis délocalisée en 2018, en Tunisie.

Un constat qui peut s’étendre à l’évolution de notre industrie pharmaceutique et à la capacité de la France à conserver une autonomie dans le domaine. Ainsi à l’heure où des espoirs se fondent sur la capacité de la Chloroquine à soigner le virus, on constate que le groupe français Sanofi qui la produit sous le nom commercial de Nivaquine, n’a qu’un sous-traitant français habilité par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament à le produire, une PME de la banlieue lyonnaise qui est en redressement judiciaire et aurait probablement disparu si cette crise avait eu lieu quelques semaines plus tard. Sanofi produit bien de la Choloroquine, mais à l’étranger, notamment au Maroc, Etat qui a réquisitionné tous les stocks de chloroquine produits sur son territoire.

Plus grave, de l’aveu même d’Emmanuel Macron, 80% des principes actifs de nos médicaments sont aujourd’hui fabriqués à l’étranger. Essentiellement en Asie, la Chine en produisant à elle seule 40%. Les tensions en termes d’approvisionnement de médicaments s’aggravent d’année en année, y compris en dehors des épidémies. Une situation qui a amené le G5 Santé, les huit principales entreprises françaises du secteur, à exprimer son inquiétude dans le cadre de la crise sanitaire que nous traversons.

Là encore, Marine Le Pen, seule candidate à la présidentielle à vouloir protéger nos industries stratégiques, avait raison avant tout le monde. Les professionnels du secteur jugent en effet que « nous ne pouvons dépendre de pays lointains et désormais puissants » et que « la première urgence est de préserver les installations industrielles présentes en France ». Ils ont rappelé que lorsque « les usines étaient à l’arrêt en Chine, plus rien n’était produit, ce qui rend nécessaire l’indépendance sanitaire ».

Le G5 Santé a appelé le gouvernement, à favoriser l’implantation locale de la production pharmaceutique et le retour de la filière chimie par le biais d’incitations pour les entreprises investissant en France face à des concurrents moins chers. Si l’industrie pharmaceutique française emploie 100 000 personnes en France, elle est passée en quelques années du premier au quatrième rang européen. Aujourd’hui les leaders de l’industrie pharmaceutique demandent le protectionnisme stratégique prôné par le RN depuis des années.

Si les multiples délocalisations de notre industrie ont des conséquences lourdes en termes d’économie et d’emploi, la vente ou la délocalisation d’industries stratégiques nuisent à l’autonomie de la France , ainsi qu’ à la sécurité et à l’avenir des Français. A l’issue de cette crise sans précédent, il faudra dans ce domaine également, tirer les conséquences des erreurs passées et changer de cap politique.